ARTICLES ET RÉFLEXIONS
Méditer : être solidement enraciné
dans la terre et largement ouvert à la vie
Une manière de méditer, mais aussi une manière de vivre
Il est une expérience très simple que je propose régulièrement aux personnes qui méditent avec moi. Elle consiste à réunir deux attitudes qui peuvent, à première vue, sembler contradictoires : être puissamment enraciné dans le sol, dans la matière, et, simultanément, se sentir immensément ouvert, léger, détendu, disponible à tout ce qui survient.
En bas, la stabilité, la densité, la pesanteur. En haut, la légèreté, l'espace, l'ouverture.
Ces deux dimensions ne s'opposent pas. Elles se complètent, se soutiennent et se renforcent mutuellement. Ensemble, elles constituent une manière particulière d'habiter son corps, d'exercer son attention et, finalement, de vivre.
Dans mon livre Vivre Grand, j'ai appelé cette manière d'être le mode d'existence étendu-enraciné. Ce n'est pas une méthode de relaxation, encore moins une invitation à s'évader dans quelque monde imaginaire ou spirituel. C'est au contraire une expérience extrêmement concrète, accessible à chacun, qui prend appui sur les sensations corporelles les plus élémentaires.
Et c'est précisément par la pratique de la méditation que nous pouvons apprendre à la connaître, à l'approfondir et, progressivement, à l'intégrer à notre existence quotidienne.
1. Le bas du corps : lourd, dense, solidement enraciné
Commençons par nous asseoir, sur une chaise ou sur un coussin, selon nos préférences et nos possibilités physiques.
Si nous sommes assis sur une chaise, posons les pieds bien à plat sur le sol, approximativement parallèles, un peu écartés. Sentons distinctement le contact des plantes des pieds avec le sol : les talons, les orteils, les différentes zones d'appui.
Nous pouvons même imaginer que nos pieds s'agrippent doucement à la terre, comme si de puissantes racines invisibles descendaient profondément dans le sol.
Mais attention : il ne s'agit pas de contracter les muscles ni de serrer les orteils. Cet enracinement est avant tout une sensation, éventuellement soutenue par une image mentale. Nous recherchons une impression de solidité, et non une crispation.
Portons maintenant notre attention sur le contact des fesses et, selon notre position, des cuisses avec la chaise ou le coussin. Ressentons le poids du bassin, la masse des jambes, la pesanteur naturelle de tout le bas du corps.
Laissons ce poids descendre, comme si nous abandonnions à la terre le soin de nous porter.
Nous n'avons pas besoin de nous maintenir artificiellement en équilibre. Le sol est là, ferme et stable. La chaise ou le coussin nous soutient. La gravité accomplit silencieusement son travail.
Nous pouvons nous sentir lourds, denses, compacts, presque indéplaçables.
Le bassin constitue alors une base solide sur laquelle vient naturellement s'ériger la colonne vertébrale.
Le dos reste droit, mais sans rigidité. Il n'est ni affaissé ni tendu. Sa verticalité est souple, vivante, confortable.
Cette sensation d'enracinement est essentielle. Elle nous rappelle que nous sommes des êtres corporels, matériels, appartenant pleinement au monde physique.
Nous ne cherchons pas à nous élever au-dessus de la matière, mais à nous y installer pleinement.
2. Le haut du corps : léger, ouvert, détendu
Et maintenant, sans perdre un seul instant cette sensation de solidité dans le bas du corps, portons notre attention sur la partie supérieure.
C'est ici que se produit une transformation intéressante.
Alors que le bas de notre corps demeure lourd et solidement enraciné, nous invitons le haut à devenir léger, souple, ouvert.
Relâchons les épaules. Laissons-les descendre naturellement, tout en conservant une impression d'ouverture de la poitrine. Il ne s'agit surtout pas de bomber le torse ni de tirer les épaules artificiellement vers l'arrière.
Desserrez les mâchoires. Défroncez les sourcils. Laissez les muscles du visage se détendre.
Un léger sourire peut apparaître sur les lèvres. Pas un sourire forcé, mais une esquisse de sourire, presque imperceptible, comme une petite manifestation de bienveillance envers soi-même, envers les autres et envers la vie.
Posons les mains sur les genoux ou sur les cuisses, les paumes tournées vers le haut.
Cette position, que je recommande volontiers, favorise une impression d'accueil et de disponibilité. Les mains ne se referment sur rien. Elles ne cherchent rien à retenir. Elles sont simplement ouvertes.
La respiration peut devenir plus lente, plus ample, plus naturelle. Si cela nous convient, nous pouvons sentir le mouvement doux de l'abdomen, sans chercher à imposer artificiellement un rythme au souffle.
Le bas du corps s'enracine, le haut du corps s'ouvre.
Nous pourrions schématiser cette posture par une image très simple : celle d'un arbre.
Ses racines plongent profondément dans la terre et le maintiennent solidement debout. Mais ses branches s'élèvent, se déploient librement dans l'espace, accueillant la lumière, le vent et les mouvements du monde.
L'arbre n'aurait pas cette liberté d'expansion sans la solidité de son enracinement.
Et ses racines n'auraient guère de sens sans cette ouverture vers l'espace.
Il en va de même pour notre posture méditative.
3. Une attention intensément présente dans un corps profondément détendu
Mais il manque encore quelque chose d'essentiel.
Car méditer ne consiste pas seulement à trouver une posture agréable ni à éprouver une sensation de bien-être.
Il s'agit de maintenir une attention précise, stable et vigilante, tout en demeurant profondément détendu.
C'est sans doute l'un des apprentissages les plus délicats de la méditation.
Nous avons tellement l'habitude d'associer la concentration à l'effort, et l'effort à la tension, qu'il nous paraît presque impossible d'être intensément attentifs sans nous crisper.
Pourtant, nous pouvons apprendre à distinguer la force de l'attention de la contraction musculaire ou mentale.
Prenons, par exemple, la respiration comme objet de méditation.
Nous sentons l'air entrer et sortir, le mouvement de l'abdomen, les sensations discrètes qui accompagnent chaque inspiration et chaque expiration.
Nous demeurons attentifs à ces manifestations du souffle.
Mais, simultanément, nous conservons la sensation du bas de notre corps solidement enraciné et du haut de notre corps ouvert, disponible, léger.
La concentration ne doit pas nous enfermer.
Nous pouvons porter une attention précise à un objet particulier sans perdre toute conscience de l'espace plus vaste dans lequel cet objet apparaît.
Un peu comme lorsque nous écoutons attentivement un instrument de musique au sein d'un orchestre : nous distinguons clairement sa sonorité sans cesser complètement de percevoir l'ensemble musical.
Il s'agit donc de développer une attention à la fois précise et ouverte, ferme dans son intention et souple dans son exercice.
Si des pensées surgissent, nous n'avons pas à les combattre. Nous constatons leur apparition et, lorsque cela nous est possible, nous revenons tranquillement à notre objet de méditation.
Sans nous reprocher quoi que ce soit.
Le retour à l'attention fait lui-même partie de l'exercice.
4. Expérimenter consciemment la posture inverse : le mode d'existence rétréci
Je propose également un exercice qui peut paraître surprenant : expérimenter volontairement, pendant un très court moment, la manière presque inverse de celle que je viens de décrire.
Pourquoi ?
Parce que cette autre manière d'être correspond assez souvent à notre comportement habituel dans les situations de tension, de précipitation ou d'inquiétude.
Essayons donc, pendant quelques instants, d'en reproduire certains aspects, sans forcer et sans nous mettre en difficulté.
Perdons volontairement notre sensation d'enracinement. Laissons le corps se replier légèrement vers l'avant. Rapprochons les épaules, contractons un peu les muscles du visage.
Observons ce qui se passe lorsque la respiration devient plus courte, plus haute, davantage située dans la poitrine.
Évoquons une situation ordinaire de précipitation : nous sommes en retard, nous devons terminer une tâche, répondre à quelqu'un, régler un problème qui nous préoccupe.
Notre attention se rétrécit autour d'une difficulté, d'un objectif ou d'une inquiétude.
Nous pouvons alors ressentir une forme d'enfermement.
Le corps se fait plus étroit, la respiration moins libre, l'esprit moins disponible.
Notre univers intérieur semble se réduire à quelques préoccupations immédiates.
C'est une illustration de ce que j'appelle, dans Vivre Grand, le mode d'existence rétréci.
Toutefois, il faut ici apporter une précision capitale : ce mode d'existence n'est pas nécessairement mauvais.
Il nous est indispensable pour accomplir certaines tâches, analyser des problèmes, distinguer les objets, nous souvenir, organiser notre vie et assurer notre sécurité.
Il devient simplement limitatif lorsque nous nous y enfermons au point de ne plus pouvoir accéder à une perception plus vaste de nous-mêmes et du monde.
Après avoir expérimenté brièvement ce rétrécissement, retrouvons notre posture initiale.
Les pieds reprennent pleinement contact avec le sol. Le bassin retrouve sa pesanteur. Le dos se redresse naturellement.
Les épaules s'ouvrent. Les mâchoires se desserrent. Le visage se détend.
La respiration redevient libre.
Les mains reposent sur les genoux, les paumes ouvertes.
Et surtout, notre attention retrouve une disponibilité plus vaste, sans cesser d'être vigilante.
Comparons les deux expériences.
Il ne s'agit pas de nous persuader que l'une serait bonne et l'autre mauvaise, mais de ressentir concrètement leurs différences.
Nous développons ainsi une connaissance directe de nos deux manières d'être.
5. Ne pas combattre le rétrécissement, mais l'inclure dans l'ouverture
Nous arrivons maintenant à un point particulièrement important de cette approche.
Il serait tentant, après avoir découvert les bienfaits du mode étendu-enraciné, de vouloir éliminer définitivement le mode rétréci.
Ce serait une erreur.
En réalité, notre existence est faite d'un mouvement incessant entre ces deux modes.
Même pendant une méditation particulièrement paisible, une pensée peut soudainement surgir : un souvenir désagréable, une inquiétude concernant un proche, un travail à terminer, une contrariété récente.
Notre attention se fixe alors sur cette pensée. Nous nous identifions momentanément à notre problème. Le corps peut se contracter et la respiration se modifier.
Nous voici revenus au mode rétréci.
Faut-il nous en vouloir ? Certainement pas.
Car cette alternance fait partie de notre fonctionnement naturel.
Ce qui importe n'est donc pas de supprimer le rétrécissement, mais d'apprendre à l'accueillir dans une conscience plus vaste.
Une inquiétude peut être présente sans occuper la totalité de notre existence.
Une tension corporelle peut se manifester sans que nous ayons à contracter tout le reste du corps.
Une difficulté peut demander toute notre attention sans que nous perdions définitivement notre capacité d'ouverture.
Lorsque nous sentons que notre esprit s'enferme dans une préoccupation, nous pouvons, par exemple, revenir au contact de nos pieds avec le sol, au poids de notre bassin, à la détente des épaules.
La préoccupation est peut-être toujours là.
Mais nous pouvons maintenant lui laisser une place dans un espace intérieur plus vaste.
Au lieu de nous sentir entièrement prisonniers de notre inquiétude, nous éprouvons la possibilité de la contenir.
Cette distinction est essentielle.
Le mode étendu-enraciné n'exige pas l'absence de difficultés, de pensées ou d'émotions pénibles. Il nous invite à leur offrir un espace suffisamment vaste pour qu'elles ne constituent plus, à elles seules, la totalité de notre expérience.
Bien entendu, nous n'y parvenons pas toujours. Il existe des moments où une douleur, une angoisse ou une préoccupation envahissante nous empêche d'accéder à cette disponibilité.
Il faut alors accepter nos limites.
Nous ne cherchons pas à réaliser un exploit spirituel.
Nous expérimentons simplement, dans la mesure de nos possibilités du moment, une autre manière d'être.
Et parfois, cette possibilité se limite à sentir nos pieds sur le sol pendant quelques secondes.
C'est déjà beaucoup.
6. Du coussin de méditation à la vie quotidienne
À quoi servirait cette expérience si elle devait rester confinée aux quelques minutes que nous consacrons chaque jour à la méditation ?
À mes yeux, l'un des intérêts majeurs de la pratique méditative réside précisément dans sa capacité à transformer progressivement notre manière de vivre.
La séance de méditation constitue un entraînement, un laboratoire d'expérimentation.
Mais c'est dans la vie ordinaire que cet apprentissage prend toute sa valeur.
Nous pouvons nous exercer à retrouver le mode étendu-enraciné dans une multitude de situations.
Pendant les repas
Je recommande tout particulièrement de profiter des repas pour pratiquer cette présence corporelle.
Asseyons-nous confortablement, avec les pieds bien à plat sur le sol.
Évitons, si possible, de poser les coudes sur la table, afin de conserver une posture verticale, stable et dégagée.
Le dos est droit sans être rigide. Les épaules demeurent ouvertes et détendues.
Nous sentons le poids du corps sur la chaise.
Nous mangeons à un rythme raisonnablement lent, en portant attention aux saveurs, aux textures, aux odeurs, aux gestes les plus ordinaires.
Nous pouvons éprouver une sensation de stabilité tranquille, tout en demeurant pleinement disponibles aux autres convives.
Car l'ouverture ne consiste pas à nous isoler dans notre petite expérience personnelle.
Elle consiste aussi à élargir notre attention à ceux qui nous entourent, à leurs paroles, à leur présence, à leurs préoccupations.
Manger devient alors beaucoup plus qu'une nécessité biologique : c'est une occasion d'être pleinement présents à la vie.
En marchant
La marche offre une autre occasion privilégiée.
À chaque pas, sentons le pied entrer en contact avec le sol.
Observons le transfert du poids d'une jambe à l'autre.
Le bassin demeure stable, le corps vertical, les épaules souples.
Mais, simultanément, élargissons notre attention à l'environnement.
Les arbres, les maisons, les passants, les bruits, la lumière, les mouvements du monde.
Nous avançons solidement enracinés dans la réalité matérielle, sans nous enfermer dans nos pensées.
Nous sommes à la fois ici, dans notre corps, et ouverts à l'immensité de ce qui nous entoure.
Dans nos activités et nos relations
Nous pouvons pratiquer de la même manière en travaillant, en lisant, en conversant, en attendant quelqu'un ou simplement en étant assis dans un fauteuil.
Il suffit parfois de quelques secondes pour retrouver les deux composantes essentielles de notre posture : la solidité en bas, l'ouverture en haut.
Dans une conversation difficile, par exemple, notre interlocuteur peut tenir des propos qui nous déplaisent.
Nous ressentons alors une contraction, l'envie de nous défendre ou de répliquer immédiatement.
Au lieu de nous laisser entièrement emporter par cette réaction, nous pouvons essayer de retrouver, ne serait-ce qu'un instant, le contact de nos pieds avec le sol, la détente de nos épaules et une respiration naturelle.
Cette petite modification peut nous permettre de retrouver une disponibilité intérieure.
Nous n'avons pas nécessairement changé d'opinion.
Nous ne sommes pas obligés d'approuver notre interlocuteur.
Mais nous pouvons peut-être l'écouter avec davantage d'attention et moins de crispation.
L'enracinement nous aide à demeurer fermes dans notre position ; l'ouverture nous permet de reconnaître celle de l'autre.
Être solidement enraciné n'interdit pas la souplesse. Être largement ouvert n'implique pas la faiblesse.
C'est même, me semble-t-il, tout le contraire.
7. Une manière de vivre plus grand, sans rejeter notre vie ordinaire
Nous pouvons maintenant mieux comprendre pourquoi j'accorde tant d'importance à cette complémentarité entre enracinement et ouverture.
L'enracinement nous relie au corps, à la matière, à notre condition humaine concrète.
Il nous rappelle que nous avons un poids, des limites, des besoins, une histoire, une existence singulière.
L'ouverture nous permet de ne pas nous laisser enfermer dans cette seule représentation de nous-mêmes.
Elle nous invite à élargir notre perception, à accueillir ce qui nous dépasse, à reconnaître l'existence d'autres êtres, d'autres sensibilités, d'autres manières de vivre.
Nous pouvons alors nous sentir à la fois profondément individuels et intimement reliés au monde.
C'est dans ce sens que je parle de vivre grand.
Non pas devenir plus important, plus puissant que les autres ou supérieur à ce que nous sommes.
Mais découvrir une manière d'être moins étroite, moins défensive, moins prisonnière de notre petite identité personnelle.
Le mode d'existence étendu-enraciné ne supprime pas le mode rétréci. Il lui donne une place.
Nous continuons à penser, à prévoir, à craindre parfois, à désirer, à nous attacher, à défendre nos intérêts et ceux de nos proches.
Mais nous apprenons progressivement à ne plus nous réduire entièrement à ces mouvements.
Nous pouvons être préoccupés sans n'être que préoccupation.
Nous pouvons éprouver de la peur sans n'être que peur.
Nous pouvons nous engager résolument dans une action sans nous enfermer dans l'obsession de son résultat.
Et nous pouvons aimer profondément les êtres qui nous sont chers sans nécessairement vouloir les retenir ou les posséder.
Tout cela demande de l'entraînement, de la patience, de la persévérance.
C'est précisément ce que nous apprend la méditation.
8. Une petite pratique pour terminer
Je vous propose maintenant de revenir à l'expérience la plus simple.
Asseyez-vous confortablement.
Sentez vos pieds solidement posés sur le sol.
Ressentez le poids de vos jambes, de votre bassin, de vos fesses sur la chaise ou le coussin.
Laissez tout le bas du corps devenir lourd, dense, compact, profondément enraciné.
Puis redressez doucement votre dos.
Ouvrez les épaules sans les contracter.
Desserrez les mâchoires, défroncez les sourcils.
Laissez apparaître un léger sourire.
Posez les mains sur les genoux, paumes tournées vers le haut.
Respirez librement.
Portez maintenant votre attention sur la respiration, ou sur tout autre objet de méditation que vous aurez choisi.
Maintenez cette attention avec détermination, mais sans dureté.
Et conservez, autant que possible, cette double sensation :
En bas, le poids de la matière, la stabilité du sol, la puissance de l'enracinement.
En haut, la légèreté, l'espace, la détente, l'ouverture à la vie.
Si votre attention s'égare, revenez doucement.
Si votre corps se contracte, détendez-le.
Si une préoccupation vous envahit, ne la combattez pas. Essayez simplement de lui laisser une place dans votre expérience, sans perdre complètement le contact avec le corps et le monde.
Et si vous n'y parvenez pas, ce n'est pas grave.
Recommencez tranquillement, une fois, dix fois, cent fois s'il le faut.
Il n'y a pas de performance à accomplir.
Il n'y a pas d'état idéal à atteindre.
Il y a seulement une expérience à faire, puis à refaire, avec curiosité, patience et bienveillance.
Pour conclure
J'aimerais que les personnes qui méditent avec moi retiennent avant tout cette idée :
La méditation nous apprend à être simultanément profondément installés dans la matière et largement ouverts à l'immensité de la vie.
Nous n'avons pas besoin de nous détacher du monde pour nous sentir libres.
Nous n'avons pas besoin de nier notre corps pour élargir notre conscience.
Nous n'avons pas besoin de supprimer nos peurs, nos préoccupations ou nos attachements pour découvrir une autre manière de les vivre.
Nous pouvons demeurer pleinement humains, avec nos fragilités et nos limites, tout en développant une disponibilité intérieure plus vaste.
C'est un apprentissage qui commence par des gestes minuscules : poser les pieds sur le sol, sentir le poids de son corps, redresser doucement le dos, détendre les épaules, desserrer les mâchoires, sourire légèrement, respirer et porter attention.
Des gestes simples, presque dérisoires en apparence.
Mais ces gestes peuvent devenir les premiers mouvements d'une transformation profonde de notre manière d'être.
Avoir les pieds solidement sur terre, et l'esprit largement ouvert sur le monde.
Voilà, en quelques mots, une manière de méditer.
Et peut-être aussi une belle manière de vivre.
Jean-Paul Inisan